Salimah

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Après l’accident mon mari, j’ai dû reprendre le travail, parce que son allocation AI ne suffisait pas aux besoins de notre famille. Nous venons de Macédoine et vivons en Suisse depuis de nombreuses années ; nos enfants ont maintenant 8, 14 et 22 ans.

J’étais contente de trouver un emploi dans un restaurant non loin de chez moi. C’était en 2009. Mais en 2011, nous étions confrontés à un gros problème d’allocations familiales.

Macedonian-Woman 

La caisse d’allocations familiales nous a informés que mon mari leur devait 20’000 frs. à cause d’allocations versées à tort entre 2009-2011. Comme il était sans activité lucrative, c’était moi qui aurais dû les recevoir à sa place. Seulement à l’époque, je ne savais pas que je devais me déclarer auprès de la caisse.

l’autre syndicat a trouvé le moyen de redresser la situation : il a demandé à mon employeur de demander à la caisse de compensation de verser les allocations familiales à moi rétroactivement depuis octobre 2009. Ça a été approuvé et de cette façon notre grosse « dette » a pu être épongée.

J’ai travaillé dans le restaurant d’octobre 2009 jusqu’en juillet 2012. J’aimais bien ce travail, mais ça n’a pas duré. Malheureusement, le restaurant a fait faillite en juin 2012 et mes salaires de juin et de juillet ainsi que le délai de congé pour le mois d’août n’ont pas été payés. En plus, comme je n’étais plus employée, nous avons perdu trois mois d’allocations familiales.

Là encore, l’autre syndicat a pu nous indiquer le chemin à suivre pour obtenir gain de cause. Il fallait faire une demande d’indemnités en cas d’insolvabilité à l’Office des poursuites et faillites. Bien sûr, sans lui nous aurions eu bien du mal à suivre cette procédure et de réunir toutes les pièces requises! Et cela prend beaucoup de temps : bien que le cas de faillite ait été ouvert en août 2012, il n’a pas encore été jugé. Mais il semble que le résultat ne fait pas de doute : je recevrai les salaires dûs.

J’ai récemment retrouvé un autre emploi. Mais entretemps j’étais au chômage ; c’était encore le syndicat qui m’a aidé à réunir et à envoyer les différents documents à la Caisse cantonale de chômage et à la Caisse de chômage UNIA. C’était une période assez dure. Ma mère est tombée gravement malade en 2012 et je suis rentrée la voir en Macédoine. Alors, parce que je ne me suis pas présentée à certains RDV ou cours, l’Office régional de placement du Service de l’emploi (ORP) m’a envoyé deux avis de suspension du chômage. Mon fils a bien informé l’ORP que j’étais partie et pourquoi, mais je suis restée plus longtemps que prévu à cause d’une infection dentaire pour laquelle j’ai dû me faire soigner là-bas.

Alors l’autre syndicat a fait opposition en mon nom aux deux décisions de l’ORP auprès de l’instance juridique chômage du Service de l’Emploi. Le syndicat a expliqué les raisons de mon absence et a évoqué ma détresse au sujet de ma maman ; il m’a aussi aidé à obtenir et fournir les rapports médicaux la concernant et du dentiste qui m’a traité. L’ORP a fini par annuler ces deux décisions.

Mais ce n’était pas fini. L’ORP m’a à nouveau suspendu le chômage, une fois pour 5 jours et une deuxième fois pour 16 jours, pour ne m’être pas rendu aux séances d’information. A nouveau l’autre syndicat a fait opposition, arguant que les raisons mentionnées de ces décisions n’étaient pas les vraies raisons. Cette fois, l’instance juridique chômage du Service de l’Emploi a décidé de retenir la sanction de 5 jours, mais a réduit celle de 16 jours à 5 jours.

Et en mai 2013, je reçois encore une menace de sanctions. L’ORP dit que j’ai refusé d’assister à un cours. Ce n’était pas ça du tout ! J’avais suivi et réussi un cours d’un mois et demi financé par l’ORP. Ensuite une dame m’appelle au téléphone (rien d’écrit) et me propose un autre cours à Vevey. Je ne refuse pas, mais je dis que je cherche un travail à plein temps et que Vevey, c’est loin… Je n’entends plus rien à ce sujet. C’est après cela que l’ORP me menace de suspendre mon chômage. l’autre syndicat proteste… et ils ne m’ont pas suspendu…

Tout cela peut paraître peu dramatique. Mais ne pas recevoir son salaire, son indemnité chômage ou une allocation familiale peut entrainer une catastrophe pour une famille de moyens modestes ! Ce qui est sûr, c’est que sans l’autre syndicat, nous n’aurions jamais pu nous dépatouiller avec les différentes services et instances juridiques, les formules et papiers à fournir, les formes d’opposition, de défense ou d’appel etc. qu’il faut utiliser ou savoir à qui il faut s’adresser. Il nous a non seulement conseillés et fait les démarches à notre place ; il nous a aussi rendu conscients de nos droits et appris comment nous défendre nous-mêmes à l’avenir.